Session de formation : Le bébé, l’enfant et le jeu

Chez le nourrisson et le jeune enfant, le jeu ne se résume pas à un simple passe-temps ou à une occupation récréative. Il s’agit d’un processus psychique et corporel central à travers lequel l’enfant découvre son corps, éprouve ses sensations, élabore ses angoisses et apprivoise la réalité extérieure. Pour les professionnels exerçant en crèche, en pouponnière, en service de pédiatrie ou en centre médico-psychologique, comprendre la dynamique du jeu permet d’ajuster leur posture et de soutenir l’éveil du tout-petit avec délicatesse.

Le jeu comme médiateur du développement psychomoteur et affectif

Dès les premiers mois, les échanges de regards, les vocalises partagées et les jeux de mains constituent les fondations de l’intersubjectivité. Progressivement, l’enfant explore des objets, teste la gravité, fait disparaître et réapparaître des éléments du quotidien. Ces explorations répétées traduisent une intense élaboration psychologique : l’enfant intègre les lois du monde physique tout en expérimentant la permanence de l’objet et la séparation.

Dans le prolongement des travaux sur l’espace transitionnel et la créativité, nous explorons comment le jeu permet à l’enfant de faire le pont entre sa réalité intérieure et le monde partagé. Tout comme l’alimentation du jeune enfant engage le corps et la relation d’attachement, l’acte de jouer convoque l’ensemble de l’appareil psychique et relationnel du nourrisson.

L’observation du jeu : repères pour la pratique clinique

Observer un enfant qui joue requiert une attention fine aux détails. Quels matériaux privilégie-t-il ? Quel plaisir manifeste-t-il dans la répétition ? Comment réagit-il face à une difficulté ou à l’interruption de son activité ? L’observation clinique ne cherche pas à juger une performance, mais à repérer la fluidité du fonctionnement psychomoteur de l’enfant ainsi que d’éventuels points d’inhibition ou de tension.

Cette session invite à revisiter la dynamique ludique à travers plusieurs prismes essentiels :

  • La motricité libre : laisser le bébé découvrir ses postures et ses déplacements à son propre rythme, gage de confiance corporelle.
  • Les jeux de présence/absence : comprendre l’importance des jeux de coucou-caché et de lâcher-prise pour surmonter l’angoisse de séparation.
  • Le jeu symbolique : observer l’émergence du « faire semblant », étape cruciale où la pensée se déploie et où l’enfant met en scène ses conflits émotionnels.
  • La créativité partagée : ouvrir des espaces d’expression où l’adulte accompagne sans orienter le résultat, une démarche proche de celle déployée dans l’atelier d’expression et la créativité.

Accompagner sans contraindre : la présence soutenante du soignant

La place de l’adulte dans le jeu du tout-petit est subtile. Il ne s’agit ni d’animer constamment ni d’imposer des règles pédagogiques rigides, mais de proposer un cadre sécurisant et de se tenir disponible. En garantissant une présence attentive et rassurante, le professionnel autorise l’enfant à s’absorber dans sa recherche, à faire l’expérience de la solitude en présence de l’autre et à déployer son imaginaire.

Retrouvez l’ensemble des modalités pédagogiques et les dates programmées sur la fiche dédiée à la formation Le Bébé, l’enfant et le jeu, afin d’inscrire vos équipes dans cette démarche d’approfondissement clinique.